sans titre
il doit être trois heures du matin
je cuis du lard, dans une petite poêle
jusqu'au grésillement
j'étale du beurre sur deux tranches de pain
puis du fromage de chèvre et de la tomate
par dessus, deux autres tranches
je mange le tout avec un demi camembert
puis je brûle des molécules
je fume
puis je me demande pourquoi cette femme
ne m'a pas répondu, ni fait un signe
alors que je lui demandais à mi-mot
de me laisser revenir
j'ai encore faim
je décharge dans mes mains
me vide la tête
me tords le cou
j'ai les paupières lourdes
je mange un morceau de sucre
puis je fume, encore
je repense à l'autre nuit
je buvais avec ma plus douloureuse envie
mais aussi la plus lumineuse émanation
nous parlions de tout, de nos corps
le sien, dont elle m'offrit un court instant le poids
me brûle encore
je mange ce qui reste du pain, sec et un peu âpre
j'entends une dispute, dehors
je fume
au lever du jour, lorsque je m'assoupirai
j'aurai peut-être la visite d'un défunt
mais sans doute ne m'apprendra-t-il rien
de nouveau sur la mort.
je cuis du lard, dans une petite poêle
jusqu'au grésillement
j'étale du beurre sur deux tranches de pain
puis du fromage de chèvre et de la tomate
par dessus, deux autres tranches
je mange le tout avec un demi camembert
puis je brûle des molécules
je fume
puis je me demande pourquoi cette femme
ne m'a pas répondu, ni fait un signe
alors que je lui demandais à mi-mot
de me laisser revenir
j'ai encore faim
je décharge dans mes mains
me vide la tête
me tords le cou
j'ai les paupières lourdes
je mange un morceau de sucre
puis je fume, encore
je repense à l'autre nuit
je buvais avec ma plus douloureuse envie
mais aussi la plus lumineuse émanation
nous parlions de tout, de nos corps
le sien, dont elle m'offrit un court instant le poids
me brûle encore
je mange ce qui reste du pain, sec et un peu âpre
j'entends une dispute, dehors
je fume
au lever du jour, lorsque je m'assoupirai
j'aurai peut-être la visite d'un défunt
mais sans doute ne m'apprendra-t-il rien
de nouveau sur la mort.
trou
je n'ai plus assez de temps
pour me dépêcher
(j'en parle, car je n'ai pas assez de mots pour me taire)
c'est la liste de 2h22
° j'ai une gueule de lune
° je me dis mouais, et c'est un joli mouais de moi
°avant la crevasse, forcément il y a eu la déchirure
° j'aime la décharge
l'électrique, forme un instant différenciée,
l'opalescente, sur tes seins ton ventre ou dans mes mains,
la publique, avec des fleurs qui poussent pas loin
°où vont les notes, après
° ton impatience, drôle, belle, derrière le verre fumé
° l'ultra-luminescence qui vient d'en dessous, la désintégration des images, de Dieu et des idoles
° les boucles inattendues
° le manque, l'envahissante et universelle présence du manque, son ironie ridicule qui pourtant arrache des larmes
° entre l'urine et le lait
° je me dis mouais, et c'est un joli mouais de moi
°avant la crevasse, forcément il y a eu la déchirure
° j'aime la décharge
l'électrique, forme un instant différenciée,
l'opalescente, sur tes seins ton ventre ou dans mes mains,
la publique, avec des fleurs qui poussent pas loin
°où vont les notes, après
° ton impatience, drôle, belle, derrière le verre fumé
° l'ultra-luminescence qui vient d'en dessous, la désintégration des images, de Dieu et des idoles
° les boucles inattendues
° le manque, l'envahissante et universelle présence du manque, son ironie ridicule qui pourtant arrache des larmes
° entre l'urine et le lait
bien sûr
tu as l'air heureuse, là sur la berge
alors tout est bien, je me dis
qui fini bien, je me dis
ce trou au centre de moi, je me dis
que c'est juste un vide collatéral
il paraît qu'il existe un traitement
à l'azote liquide, on me dit
efficace, on me dit
est-ce qu'il casse
ma latitude
ma longitudinale solitude
tout ça c'est des vitrines en éclats
j'ai perdu la main
elle doit être restée
dans tes cheveux rouges
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